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Notre mise au point suite à l’article paru dans la Tribune du 2 juin 2025

Petite mise au point après l‘article de la Tribune du 2 juin 2025 « le village divisé par les mauvaises odeurs d’un site de compostage »

Lire l’article de la Tribune du 2 juin 2025

Depuis que des odeurs sont apparues autour de la plateforme de compostage de Richechièvre, le Lis martagon avait refusé d’alerter la presse, pour éviter de stigmatiser Boisset-Saint-Priest et d’offrir la caricature d’un « village divisé »…

Nous n’avions a priori rien contre le recyclage de déchets à condition qu’il soit fait avec un minimum de nuisances et de risques pour la population. Nous avions pensé trouver d’autres moyens de régler le problème avec l’exploitant, avec l’aide des maires (de Boisset-St-Priest, St-Georges-Hauteville et Soleymieux) et des administrations compétentes. Nous avons joué le jeu des réunions en mairie au sein d’une instance type commission locale de suivi. Nous avons mis en place un calendrier pour enregistrer les odeurs relevées collectivement par les habitants des communes, pour comprendre quand, où et dans quelles circonstances elles apparaissent. Un « travail méticuleux » et rigoureux partagé avec les membres de cette commission pour aider les personnes compétentes (un expert a été sollicité, Véolia suit l’affaire) à déterminer un processus de fabrication sûr et fiable. On croyait que ça avait marché : 2024 s’était mieux passé, de l’avis de tous !

Et puis en février 2025, grosse rechute : les signalements d’odeurs nauséabondes explosent de toutes parts spontanément !

« Des odeurs éphémères » dit M. Gayard… Elles ne sont heureusement pas permanentes mais elles sont loin d’être partout éphémères. 7 hameaux sont régulièrement concernés, en général à tour de rôle suivant les vents dominants et les conditions atmosphériques. Pour certains c’est très souvent systématique : début de matinée et fin de journée, mais ça peut être des vagues successives dans la journée ou dans la nuit. Certains secteurs connaissent des périodes de plusieurs heures, voire plusieurs jours de suite presque sans interruption.

Nous ne sommes pas des « prend-l’air » uniquement occupés à faire des barbecues mais des citoyens normaux qui voudraient pouvoir ouvrir leurs fenêtres, en particulier la nuit en période de canicule, étendre leur linge dehors, avoir des activités à l’extérieur (certains y ont leur activité professionnelle). Nous connaissons l’odeur du fumier et du lisier (on sait que ça dure un jour ou deux). Mais on a appris à reconnaître l’odeur de la plateforme, même si elle varie parfois selon les livraisons, plus ou moins organique.

Et 9 fois sur 10, on tombe juste, y compris quand il s’agit d’un camion livrant des intrants. Dommage que l’article ne parle que du camion qui, paraît-il, n’allait pas à la plateforme ! D’où viennent ces camions ? L’article évoque sobrement le fait que « Véolia Agriculture France fournit les boues traitées ». Aux réunions en mairie, on a fini par nous dire ce qui était livré sur la plateforme : des boues de stations d’épuration plus ou moins proches (de la vallée de l’Ondaine… à Porte-lès-Valence), des déchets de l’usine d’aliments pour animaux Purina à Andrézieux, ceux de la fabrique de gélatine Rousselot à l’Isle-sur-la- Sorgue (dans le Vaucluse, à 280 km de Boisset) à partir de carcasses d’animaux (d’où l’odeur de « charogne »). On n’a bien sûr pas eu la liste complète. Véolia a concédé que certains gisements étaient particulièrement odorants et a fait cesser la livraison de Porte-lès-Valence et de Purina, avec l’engagement d’éviter à l’avenir les provenances les plus nauséabondes.

D’où l’accalmie de 2024 qu’on croyait définitive. Et puis les odeurs ont repris de plus belle !

Lors de la réunion en mairie du 15 avril, un nouveau gisement, des boues de station d’épuration en provenance de Lyon, a été pointé comme responsable possible par Véolia qui, d’après leurs dires, a fait arrêter aussitôt les livraisons. Depuis, pas d’amélioration sensible…

Y a-t-il une autre cause ? Quelque chose a-t-il changé dans le processus de fabrication du compost ? L’arrivée d’un nouveau salarié présent sur le site tous les matins depuis février a-t-elle un rapport ? Ou l’accalmie de 2024 n’était-elle due qu’aux conditions météo particulières ? Le Lis martagon fait régulièrement valoir auprès de la DDPP (direction départementale pour la protection des populations) que la plateforme n’est pas conforme au cahier des charges ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement). Mais le processus proprement technique de fabrication (qui ne relève pas de la DDPP) a un rôle très important dans le fonctionnement de la plateforme et dans l’ampleur des pollutions éventuelles, olfactives ou dues aux ruissellements. Et là, nous ne pouvons qu’avoir confiance dans l’assistance technique de Véolia auprès de M. Gayard.

Pas seulement sur les odeurs, mais aussi sur le ruissellement des « lixiviats », ces liquides très noirs et chargés, issus du lessivage des produits en cours de fermentation, en principe recueillis dans les bassins de rétention (qui doivent être régulièrement vidés et leur contenu épandu sur des parcelles suivant un plan d’épandage contrôlé par la DDPP). Débordement ou perméabilité de la plateforme, ces jus s’écoulent hors du site, dans le chemin et dans une parcelle contiguë, en grillant la végétation. Quel risque pour l’environnement ? Quelle garantie contre la pollution des sols et celle des eaux (une « zone humide » indiquée au PLU, aux sources de l’Ozon, se trouve à 500m en aval) ?

L’article nous annonce enfin que Véolia a « une solution technique, bloquée par un permis de construire » Un formidable raccourci entre deux dossiers très épineux qui n’ont a priori aucun lien, si ce n’est M.Gayard ! Les brumisateurs et mélangeurs automatiques qui apparaissent tout d’un coup comme la solution imparable aux odeurs de la plateforme n’ont curieusement jamais été évoqués jusqu’ici, même dans la très officielle et récente réunion du 15 avril de la commission en mairie.

Si c’était LA solution, il est surprenant que M. Gayard ne l’évoque que depuis que les services de l’État font obstacle à l’autre projet qu’il porte depuis 2021 : la construction d’un hangar photovoltaïque (de 112m sur 20m) à Fontamalard. De toute évidence pour faire du forcing pour que les travaux reprennent. D’autant que M. Gayard a toujours soutenu que les 2 activités n’avaient aucun lien quand on l’interrogeait en craignant que le nouveau hangar soit l’occasion d’agrandir l’activité de la plateforme de compostage. Aujourd’hui le hangar pourrait être déjà construit et en activité si les démarches avaient été faites dans les règles.

Extraction illégale de gore provoquant la mise en demeure de remise en état, travaux d’affouillement et d’exhaussement sans autorisation, défaut d’autorisation d’urbanisme, demande de permis de construire frauduleuse etc. font que ce dossier est toujours en suspens.

Si l’électrification de la plateforme est réellement indispensable à la plateforme, il est toujours possible de demander à tirer une ligne. Mais là encore, rien ne dit que ce serait efficace.

Le 28 juin 2025
Le Lis martagon

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